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Publié : 6 octobre
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Mettre en voix une fable


1. Présentation et objectifs du projet

Dans une classe de sixième, lors d’une séquence intitulée « Ruser pour résister au plus fort », une mise en voix d’une fable a été réalisée.
Dans le cadre du cycle 3, la pratique de l’oral nécessite un enseignement. Elle est un outil d’accès aux savoirs disciplinaires. Elle est aussi un moyen d’appropriation de la langue et une façon de partager des lectures.
Afin de mesurer la compréhension de la construction d’une ruse dans « Le Coq et le Renard » de Jean de La Fontaine, la réalisation d’une mise en voix de la fable a été proposée à la fin de la séquence. L’enjeu de ce travail a été de faire percevoir aux élèves comment la mise en voix d’un texte révèle sa compréhension.

2. Organisation

Le projet de mise en voix d’une fable a été proposé à une classe de sixième, avec un effectif de vingt et un élèves, par Madame Croix, professeur agrégé de Lettres Modernes, au collège Albert Camus d’Yvetot.
Les élèves avaient à leur disposition une tablette.

3. Descriptif de l’activité et des outils

La mise en voix de la fable a été proposée pour permettre de faire un bilan de fin de séquence. Il a été demandé aux élèves de préparer leur présentation en étant libres dans leurs choix.
La mise en voix de textes a été proposée dès le début d’année aux élèves de la classe et a été l’occasion d’un entraînement régulier, à partir de textes variés. Elle a permis de faire prendre conscience aux élèves qu’un texte n’offre pas une lecture unique. Les élèves ont pu se libérer d’une lecture attendue en expérimentant et en découvrant des propositions plurielles, à partir d’un texte partagé par tous. Ils ont saisi combien les formes d’oral varient selon les situations.
Dès l’intitulé de la séance « Jouer la ruse », les élèves ont manifesté leur enthousiasme. La séance était organisée en plusieurs temps, répartis sur deux heures distinctes de la même journée. Un temps de préparation, un temps de présentation et un temps d’échange étaient prévus. La séance de mise en voix a débuté par un temps de travail sur le texte, lequel a fait l’objet d’annotations, d’ajout de couleurs variées pour repérer les différentes instances énonciatives notamment. Les élèves ont ensuite été invités à se mettre en groupes. Ils étaient libres de constituer leur groupe et de faire évoluer la composition de leur groupe. Pendant le temps de préparation, les élèves ont pu réinvestir les compétences d’oral, travaillées depuis le début de l’année, et les notions vues, lors de la séquence portant sur la ruse.
Par la mise en voix de la fable, les élèves ont pu se détacher à nouveau d’une lecture unique sur un texte. Ils ont revu combien la prononciation fait vivre le mot et permet de partager la compréhension de la phrase et du texte dans son ensemble. Ils ont expérimenté le rythme du texte par les articulations, les jeux sur les silences et sur le volume de la voix. La sollicitation de la voix et du corps comme modalités d’accès au texte participe d’une pratique réflexive et d’une possibilité d’exploration et d’appropriation du texte. Cela offre une autre manière de poser la question du sens et de la langue à l’œuvre.

Les élèves ont eu à leur disposition une tablette pour pouvoir s’enregistrer, s’ils le souhaitaient. Les élèves ont alors réinvesti les notions d’analyse filmique étudiées dès la première séquence de l’année. Un groupe a ainsi choisi de faire un enregistrement en un seul plan séquence pour la fable.
Lors de la présentation des différents groupes, il a été intéressant de noter que des propositions variées ont été faites et que certaines de ces propositions faisaient intervenir plusieurs fois des élèves dans des rôles différents. Dans l’exemple mis en ligne, deux élèves ont été sollicitées pour interpréter les lévriers alors qu’elles avaient un autre rôle dans d’autres groupes.
Après le passage des élèves, un temps d’échange oral a été réalisé au cours duquel les élèves ont pu rappeler l’ensemble des éléments vus en classe. Ils ont pu interroger les interprétations et ont pu mettre en perspective l’importance des choix pour accéder au sens.

4. Corpus et supports utilisés

Pour la mise en voix du texte, la fable de Jean de La Fontaine, « Le Coq et le Renard » (II, 15, Fables, 1668) a été proposée aux élèves.
La consigne suivante a été donnée aux élèves : Vous allez devoir jouer la fable de La Fontaine, « Le Coq et le Renard ». N’oubliez pas de vous entraîner avant de présenter votre mise en voix de la fable.

5. Réalisations d’élèves

Les enregistrements des élèves ont été déposés sur l’Espace Numérique de Travail de l’établissement.
Un exemple de réalisation d’un groupe d’élèves est consultable ci-dessous :


6. Bilan

Lors de la mise en voix, les élèves ont pu s’approprier la fable de Jean de La Fontaine. Ils ont pu mesurer combien les ressources expressives et créatives de la parole construisent l’interprétation de la fable. Cette séance de mise en voix d’un texte a permis de faire un lien avec la séquence suivante portant sur l’étude de la pièce de Molière, Le Médecin malgré lui.

7. Perspectives

La mise en voix de texte peut être réalisée sur l’ensemble du cycle 3 et peut être proposée tout au long du cycle 4. Elle est l’occasion de travailler les compétences orales et de réfléchir sur le matériau langagier par le plaisir de l’appropriation d’un texte.

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